Données, sécurité et justice

Féminicides et homicides conjugaux : lecture honnête

Ce que mesurent les statistiques officielles, ce que le terme « féminicide » ajoute ou confond, et ce que les comparaisons H/F permettent — sans minimiser ni amplifier.

1. Définitions : légal, statistique, médiatique

Usage médiatique et militant

« Féminicide » désigne souvent, dans le débat public, tout homicide de femme par un homme, ou plus restrictement l'homicide conjugal H→F. Le terme porte une charge politique : structuration par le genre et le patriarcat.

Comptage SSMSI / Ministère de l'Intérieur

Les statistiques officielles recensent les homicides entre conjoints ou ex-conjoints enregistrés par la police et la gendarmerie — sans catégorie juridique « féminicide » distincte. En 2024 (provisoire) : 107 femmes et 31 hommes tués par conjoint(e) ou ex (détail intrafamilial).

Droit pénal français

Il n'existe pas de qualification autonome « féminicide » au code pénal. Les faits relèvent d'homicide volontaire, parfois avec circonstances aggravantes. La loi du 30 juillet 2020 a créé un bracelet anti-rapprochement et renforcé la protection — sans nouveau type pénal « féminicide ».

2. Chiffres clés 2024 (conjoints / ex-conjoints)

107

Femmes tuées par conjoint ou ex (2024*)

31

Hommes tués par conjointe ou ex (2024*)

~1 / 3 j

Fréquence moyenne (tous conjoints confondus)

* Chiffres provisoires rapportés dans la synthèse SSMSI / communications gouvernementales — voir homicides intrafamiliaux. Ratio F/H victimes conjugaales ≈ 77 % / 23 % (107 sur 138 identifiés).

3. Mettre en perspective : volumes et taux

4. Évolution et tentatives d'homicide

Les séries annuelles conjuguales fluctuent (130–150 décès toutes victimes confondues selon les années). La communication politique met en avant chaque hausse ; la tendance longue requiert des séries consolidées SSMSI, pas un seul millésime.

5. Ce que le débat public omet souvent

  1. Hommes victimes conjugaux — 31 décès/an ne sont pas « négligeables » pour les familles concernées.
  2. Couples LGBT+ — Taux d'homicides conjugaux documentés par configuration du couple (page dédiée).
  3. Victimes collatérales — Enfants, proches tués dans un contexte conjugal (comptés dans l'intrafamilial global).
  4. Antécédents de violences — Dans ~1/3 des cas, l'auteur était déjà connu pour violences ; enjeu de failure système, pas seulement de « patriarcat abstrait ».
  5. Chiffre noir — Les violences non létales restent massivement sous-déclarées pour les deux sexes.

Sources et pages liées

En cas de danger : 3919 (Violences Femmes Info), 17, 114.