Modélisation et comparaison des violences
Cette grille représente un échantillon représentatif de 10 000 personnes (5 000 hommes en haut, 5 000 femmes en bas). Le bouton Comparaison H/F rassemble les hommes victimes au sommet et les femmes victimes à la base de l'écran pour comparer la densité et la nature des violences subies annuellement.
Organisation de la Grille
Source des Données (Annuel)
Filtres de l'échantillon
Cliquez pour masquer/afficherViolences Conjugales Seules
F: 101 | H: 35
Source : VRS 2022 — SSMSI/Ministère de l'Intérieur
Violences Sexuelles Seules
F: 30 | H: 10
Cumul : Conjugales & Sexuelles
F: 54 | H: 5
Homicides ou Tentatives
Contexte conjugal direct
★ Point symbolique — fréquence réelle ~1,4/100 000
Non impacté·e·s (cette année)
Reste de la population
Profil du point sélectionné
Survolez la grille ou cliquez sur un point actif de couleur pour révéler l'histoire humaine et l'explication des cumuls cachés derrière chaque chiffre.
Grille Interactive Mixte (10 000 Points)
5 000 hommes (haut) et 5 000 femmes (bas). Les deux genres réagissent de façon dynamique et synchronisée aux filtres d'affichage.
Projections France (Sur 1 an civil)
Projections d'incidence basées sur les données modélisées appliquées à la population de chaque genre en France :
L'impact du genre dans les cumuls
L'analyse comparée montre une asymétrie marquée dans les situations de cumul (cumul des violences physiques, psychologiques et sexuelles au sein du couple). Bien que les hommes subissent des violences conjugales, la part de cumul de violences sexuelles y est extrêmement réduite par rapport aux femmes, révélant la nature fortement sexiste de l'emprise.
Comprendre le chevauchement (Le Cumul)
Pourquoi séparer le cumul des violences uniquement physiques et uniquement sexuelles ?
L'imbrication des préjudices
Dans les enquêtes de victimation, il apparaît qu'une part considérable des femmes victimes de violences de la part de leur partenaire cumule harcèlement psychologique continuel, humiliations physiques ET actes sexuels imposés de force.
L'angle mort du viol conjugal
Considérer le viol conjugal (cumul) comme une entité distincte permet de contrer l'illusion que le domicile conjugal protège. Plus de la moitié des viols enregistrés de personnes majeures en France sont le fait d'un conjoint ou ex-conjoint.
Une détresse sous-estimée
Les victimes situées dans la zone de Cumul déclarent ressentir un degré de danger vital permanent beaucoup plus élevé, nuisant gravement à leur insertion, leur santé mentale et leur capacité à s'enfuir.
Besoin d'aide ou témoin de violences ?
Si vous êtes victime de violence ou si vous suspectez un danger immédiat pour une personne de votre entourage (femme ou homme), ne restez pas isolé. Des dispositifs gratuits, anonymes et disponibles 24h/24 existent pour vous écouter, vous conseiller et vous guider.
Sources et méthodologie
SSMSI — Ministère de l'Intérieur
Enquête VRS — Vécu et Ressenti en matière de Sécurité (2022)
Source principale des taux de victimation annuels par genre. Sert de base pour les estimations réelles (hors plaintes) du simulateur.
ssmsi.interieur.gouv.fr →SSMSI — Interstats Thématique
Bilan annuel des victimes de violences conjugales (2023)
Source des données enregistrées (plaintes officielles) : ~208 000 femmes et ~40 000 hommes victimes de violences conjugales en 2023.
ssmsi.interieur.gouv.fr →INED — Institut national d'études démographiques
Enquête VIRAGE — Violences et Rapports de Genre (2015)
Source pour l'estimation du taux de cumul (overlap) : ~30-35 % des femmes victimes de violences conjugales subissent également des violences sexuelles de la part de leur partenaire.
virage.site.ined.fr →INSEE
Enquête CVS — Cadre de Vie et Sécurité (2023)
Taux de victimation pour les violences sexuelles hors conjoint (source des données de la catégorie « Sexuelles seules »).
insee.fr →HCE — Haut Conseil à l'Égalité
Rapport annuel sur les féminicides (2023)
Source pour les homicides et tentatives en contexte conjugal (~140 féminicides / an + tentatives). Le point « féminicide » du simulateur est une représentation symbolique : la fréquence réelle est ~1,4 pour 100 000.
haut-conseil-egalite.gouv.fr →OMS — Organisation Mondiale de la Santé
Violence against women — Global fact sheet (2024)
Cadre de référence international pour la définition et la mesure des violences de genre, dont le cumul physique/sexuel en contexte intime.
who.int →Sur le taux de 3,1 % (violences conjugales estimées, femmes) : Ce chiffre provient de l'enquête VRS 2022 (SSMSI — Ministère de l'Intérieur), source statistique institutionnelle neutre sans mandat d'advocacy. Il mesure strictement les violences physiques et/ou sexuelles subies de la part d'un conjoint ou ex-conjoint au cours de l'année. Il ne comprend pas les violences psychologiques (emprise, contrôle coercitif, humiliations verbales). Des sources à mandat advocacy (HCE, associations féministes) publient des taux de 6–9 % en intégrant ces comportements — chiffres réels mais issus d'une définition plus large et de sources dont la mission première est de plaider pour une cause, ce qui peut influencer le périmètre retenu. Ces données ne sont pas écartées par principe : elles illustrent qu'une fraction significative de femmes subissent des formes de contrôle ou d'humiliation sans violences physiques. Elles ne sont cependant pas représentées dans le simulateur car les ajouter créerait un problème de chevauchement visuel non résolu : une victime de violence psychologique et physique apparaîtrait dans deux catégories à la fois, rendant la proportion totale visuellement trompeuse. L'enquête CVS (INSEE) donne un taux légèrement plus bas (~2,5 %) avec un protocole encore plus strict ; 3,1 % représente une estimation centrale entre ces deux références officielles.
Biais gamma et sous-estimation des victimes masculines : Les enquêtes de victimation utilisent des questions comportementales neutres (« votre partenaire vous a-t-il frappé, poussé… »), sans référence au genre. Toutefois, le biais gamma — décrit par les psychologues Miles & Bhatt — désigne la tendance sociale à amplifier systématiquement la victimisation féminine et à minimiser la victimisation masculine pour des comportements identiques. Ce biais affecte l'auto-déclaration : un homme victime de violences conjugales est statistiquement moins enclin à s'identifier comme « victime », à qualifier le comportement de son partenaire de « violence », ou à le déclarer à un enquêteur. Par conséquent, les taux masculins issus des enquêtes VRS/CVS (~0,8 %) sont probablement sous-estimés, même dans ces sources institutionnelles neutres. L'écart entre hommes et femmes dans le simulateur reflète les données déclarées disponibles ; l'écart réel est vraisemblablement moins prononcé.
Couples de même sexe — angle mort de ce simulateur : Ce simulateur ne distingue pas l'orientation sexuelle. Or les données internationales (CDC NISVS, FRA 2014) montrent des taux de violences conjugales plus élevés dans les couples lesbiens que dans les couples hétérosexuels, et légèrement supérieurs aussi dans les couples gays masculins — ce qui contredit l'idée que la violence conjugale serait structurellement masculine. Les enquêtes françaises (VRS, CVS, VIRAGE) ne permettent pas de produire des estimations fiables pour les couples de même sexe en raison de tailles d'échantillon insuffisantes. Ce point est approfondi sur la page Violences intrafamiliales — couples LGBT+.