Sexualité & comportements

Infidélité — ce que les mathématiques peuvent dériver

Les sondages déclaratifs sur l'infidélité sont non fiables par construction — même mécanisme que le bodycount. Plutôt que d'en choisir un, on part d'une contrainte arithmétique absolue et d'une donnée expérimentale sur le biais de déclaration pour dériver ce que les chiffres impliquent nécessairement.

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La contrainte arithmétique

Dans une population hétérosexuelle, chaque liaison implique un homme et une femme. Le nombre total d'actes d'infidélité du côté masculin doit donc être égal au nombre total du côté féminin :

H_infidèles × Pm = F_infidèles × Pf

Pm = nombre moyen de partenaires extra-conjugaux par homme infidèle · Pf = idem pour les femmes

C'est une identité mathématique, pas une hypothèse. Si les déclarations masculines et féminines ne la respectent pas, au moins l'une des deux est fausse.

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Le facteur de correction — bogus pipeline

Alexander & Fisher (2003) ont mesuré l'effet d'un faux détecteur de mensonge sur les déclarations sexuelles. Résultat :

Condition Hommes déclarent Femmes déclarent
Questionnaire anonyme standard ~4,0 partenaires ~2,5 partenaires
Faux détecteur de mensonge branché ~3,5 partenaires (−12 %) ~4,4 partenaires (+76 %)

Facteur de correction féminin K = 1,76 — les femmes déclarent 76 % de plus quand elles pensent être détectées. Les hommes corrigent légèrement à la baisse.

Hypothèse centrale de ce modèle : ce même facteur s'applique aux déclarations d'infidélité, pour la même raison (désirabilité sociale asymétrique).

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Le modèle — ajustez les paramètres

Infidélité déclarée — Hommes 33 %

Valeurs observées dans les études déclaratives : 25–50 % selon méthodologie

Infidélité déclarée — Femmes 22 %

Systématiquement plus basse que les hommes dans toutes les études

Facteur de correction K (bogus pipeline) 1.76

1.76 = valeur mesurée par Alexander & Fisher (2003) · ajustable

Partenaires moyens par homme infidèle (Pm) 1.8

Déclaré vs corrigé

Femmes déclarent
22 %
Femmes corrigées (×K)
39 %

+17 pts après correction

Contrainte arithmétique

Côté masculin
59
liaisons pour 100 hommes en couple
Côté féminin corrigé
70
liaisons pour 100 femmes en couple

Pour équilibrer exactement l'équation, chaque femme infidèle devrait avoir en moyenne partenaires.

Validation indépendante — ratio Gleeden

Gleeden (app d'infidélité française) publie un ratio de ~70 % hommes / 30 % femmes parmi ses membres. Pour que ces 30 femmes satisfassent les 100 hommes inscrits (en assumant un taux de conversion identique), chaque femme active devrait avoir en moyenne :

partenaires (via Gleeden)

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Ce qu'on peut et ne peut pas conclure

L'écart déclaratif H/F ne reflète pas nécessairement un écart réel d'infidélité — il est en partie produit par un biais de déclaration asymétrique documenté expérimentalement.

Si le facteur de correction du bogus pipeline s'applique aux déclarations d'infidélité, les taux féminins réels sont probablement proches des taux masculins déclarés.

La contrainte arithmétique est la seule certitude absolue — elle pose des bornes sur ce qui est mathématiquement possible.

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Le facteur K = 1,76 est mesuré sur le bodycount, pas directement sur l'infidélité. L'hypothèse de proportionnalité est raisonnable mais non prouvée.

On ne peut pas dériver le taux réel d'infidélité avec précision — le système a trop de degrés de liberté. Ce modèle montre une zone de solutions plausibles, pas une valeur unique.

Sources